Université Saint-Louis - Bruxelles
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Pôle des sciences philosophiques

 

Les activités de philosophie sont organisées par Bruno Ambroise, Valérie Aucouturier, Sylvaine Gourdain, Quentin Landenne, Isabelle Ost, Natacha Pfeiffer et Yannick Vanderborght.

 

Prochaines activités

 

La programmation 2022-2023 des activités du pôle des sciences philosophique de l'Ecole des Sciences philosophiques et religieuses sere disponible prochainement.

 

Pour être informé par email de nos activités, contactez : espr@usaintlouis.be

 

Activités passées

 

20, 21 et 22 avril 2022

L’esprit de l’université,  laboratoire de la démocratie

 

Chaire de philosophie par Barbara Stiegler - leçons organisées dans le cadre de la Chaire Francqui de l’USL-B

 

Barbara Stiegler est une philosophe française, professeure de philosophie politique à l’Université Bordeaux-Montaigne et membre de l’Institut universitaire de France. Après des recherches consacrées à la philosophie de la vie de Nietzsche, elle a récemment publié « Il faut s’adapter ». Sur un nouvel impératif politique (Gallimard, 2019), Du cap aux grèves. Récit d'une mobilisation. 17 novembre 2018 - 5 mars 2020 (Verdier, 2020) et De la démocratie en Pandémie. Santé, recherche, éducation (Gallimard, 2021).

 

Leçon inaugurale le 20 avril (18h – Local OM10) : « L'esprit de l'université, laboratoire de la démocratie ».

 

Retransmission :

 

 

Jeudi 21 avril, 10H - 12H : cours 1 - La crise de la Bildung dans le contexte du capitalisme avancé (Humboldt, Nietzsche, Weber)

L’université telle que nous la connaissons aujourd’hui est moins l'héritière du Moyen Age que de la réforme de l’Université allemande menée sous l’égide de Wilhelm von Humboldt, et qui a servi jusqu’à aujourd’hui de modèle à nombre d’établissements universitaires prestigieux à travers le monde. Ce modèle est fondé, nous verrons pourquoi et comment, sur le lien organique entre l’enseignement et la recherche, lui-même en partie lié au contexte intellectuel des philosophies allemandes de la Bildung. Or ce nouage, qui constitue le coeur d’une idée émancipatrice de l’Université, est aujourd’hui attaqué de toute part. Avec l’aide des analyses de Nietzsche et de Max Weber, nous verrons pourquoi la crise de ce modèle est en grande partie liée à l’emprise du capitalisme sur le monde de l’enseignement et de la recherche, déjà très forte à la fin du 19ème siècle.

 

 Jeudi 21 avril, 14H - 16H : cours 2 - Le socialisme français, le projet démocratique et l’Université française à la fin du 19ème siècle (Durkheim)

Tandis que le modèle humboldtien subit, dès la deuxième moitié du 19ème siècle, une forme de dévoiement, le socialisme français s’efforcera à la même époque de définir un nouveau modèle émancipateur pour l’enseignement en général et pour l’Université en particulier. Nous verrons comment, face à la menace que le capitalisme fait peser sur l’ensemble des institutions de formation, la République sociale et démocratique théorisée par Durkheim et Jaurès tente de libérer l’enseignent et la recherche de sa tutelle. 

 

Vendredi 22 avril, 10H-12H : cours 3 - Le sens de l’école, de l’Université et du laboratoire dans le contexte du tournant pragmatiste (Dewey) 

Au 20ème siècle, le pragmatisme américain, principalement celui de John Dewey, poursuivra l’effort des sciences sociales pour lutter contre l’emprise de la mondialisation capitaliste sur le monde de l’enseignement et de la recherche (son débat avec Walter Lippmann), pour penser la « dynamique sociale » de la construction du savoir (Norbert Elias) et pour relier la question de l’enseignement et de la recherche à celle de la démocratie. En nous penchant sur les textes de Dewey consacrés à la question de l’Université, nous tenterons d’évaluer les forces et les limites du modèle pragmatiste et sa contribution possible à une ré-institution de l’Université. 

 

Vendredi 22 avril, 14H-16H : cours 4 - Transformer la démocratie sanitaire par l’esprit de l’Université (reprise du Lippmann-Dewey debate)

Nous conclurons ce cycle d’enseignements par un déplacement de l’esprit de l’Université vers le monde de la santé. Depuis la crise du VIH a émergé un nouveau modèle: celui de la démocratie sanitaire. Ce modèle souffre le plus souvent des mêmes  pathologies que notre démocratie représentative. L’esprit de l’Université, s’il est refondé théoriquement et politiquement, pourrait-il contribuer à transformer la démocratie sanitaire et à la libérer des entraves imposées par le "gouvernement représentatif » et par le modèle libéral qui le sous-tend ?

 

- Vers la page dédiée à la Chaire Francqui organisée par l'Université Saint-Louis -Bruxelles.

- Vers le site web de la Fondation Francqui.

 

25 mars 2022

Penser les décolonisations - décolonialiser la pensée

 

Journée d’étude interdisciplinaire

Local : Salle des examens 

 

Programme complet : cliquez ici

 

La journée d’études aura pour objectifs non seulement de clarifier certaines notions clefs du débat actuel (décolonisation, décolonialisation, colonialité, post-colonial, etc.) mais aussi de mettre en lumière tant leurs forces heuristiques que leurs limites théoriques et les éventuelles dérives dont elles peuvent faire l'objet.

 

Nous aurons le plaisir d’accueillir quatre conférenciers : Ernest-Marie MBONDA, Stéphanie ROZA, Frédéric FRUTEAU DE LACLOS et Soumaya MESTIRI. Les conférences seront suivies d’un temps de débat.

Cette journée est co-organisée par l’ESPR, par le Centre de Recherches en Histoire du Droit, des Institutions et de la Société (CRHiDI), ainsi que par le Centre de Recherche en Science politique (CReSPo) de l’USL-B.

 

Retransmission :

 

1ère partie -  Ernest Mbonda

 

 

2ème partie - Stephanie Roza

 

 

3ème partie - Frédéric Fruteau de Laclos

 

 

4ème partie - Soumaya Mestiri

 

 

 

2 février 2022 (18h - 20h) :

Les sentinelles des pandémies. Se préparer aux catastrophes dans la santé globale

 

Conférence par Frédéric Keck (CNRS)

 

Retransmission :

 

 

La pandémie de Covid-19 a confirmé la nécessité de se préparer à des catastrophes causées par les émergences microbiennes et les mutations virales dans un environnement global perturbé. En retraçant la généalogie de ces techniques de préparation parmi d’autres formes d’anticipation du futur, j’interrogerai les formes de succès et d’échec qu’elles peuvent rencontrer et les critiques qui peuvent leur être adressées. Je montrerai également comment elles peuvent être adaptées à des contextes locaux en fonction des attachements entre des êtres qui partagent des vulnérabilités. Trois techniques de préparation seront examinées : la sentinelle qui détecte des signaux d’alerte précoce, la simulation basée sur le scénario du pire cas et le stockage de biens prioritaires. 

 

Frédéric Keck est directeur de recherche au CNRS, membre du Laboratoire d’anthropologie sociale. Après des études de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et d’anthropologie à l’Université de Berkeley, il a fait des recherches sur l’histoire de l’anthropologie et sur les questions biopolitiques contemporaines posées par la grippe aviaire. Il a reçu la médaille de bronze du CNRS en 2012 et dirigé le département de la recherche du musée du quai Branly entre 2014 et 2018. Il a publié Claude Lévi-Strauss, une introduction (Pocket-La découverte, 2005), Lucien Lévy-Bruhl, entre philosophie et anthropologie (CNRS Editions, 2008), Un monde grippé (Flammarion, 2010) et Les sentinelles des pandémies. Chasseurs de virus et observateurs d’oiseaux aux frontières de la Chine (Zones sensibles, 2020).  

 

2 et 3 décembre 2021

Grammaires des grammairiens, grammaire des philosophes

 

Chaire de philosophie par Martin Rueff (Université de Genève)

 

Retransmission première partie

Retransmission deuxième partie

 

La grammaire a mauvaise presse : les philosophes du XXème siècle ont souvent voulu la dépasser, c’est-à-dire l’oublier. Il est arrivé plus d’une fois qu’on les vît brandir le fanion rapiécé d’une grammaire épurée à la face d’un adversaire de paille pour revendiquer la précision de leurs descriptions, la rigueur de leur démarche et l’absence supposée du moindre préjugé métaphysique. École de la rigueur descriptive, la grammaire ne serait pas tant une discipline qu’une méthode : moins une discipline scolaire qu’une école de discipline pour la pensée philosophique. Et pourtant, au même moment où il se réclame de ce titre, le philosophe semble trop peu se soucier de ce qu’il faut entendre par « grammaire ». Il dédaigne la grammaire comme étude des possibilités singulières d’une langue donnée et la grammaire qu’il arbore ne saurait être confondue avec la grammaire des écoles – indépendamment de l’âge de ces derniers et de la tradition vénérable de la première.

 

On soutient la thèse sans éclat qu’il en coûte d’oublier ces faits de langue et les esprits qui voulurent s’y attacher avec un soin méticuleux. Mieux : on formule un pari. Tout comme la théorie critique est allée chercher dans la sociologie les matériaux qui lui permettent de construire sa théorie et ses interprétations, de la même manière, une approche philologico-philosophique doit étudier la tradition grammaticale pour instruire le matérialisme discursif.  Telle pourrait être une actualité de la philosophie.

 

Les quatre parties de la chaire se déclineront comme suit :

 

1) La grammaire des grammairiens et la grammaire des philosophes : le problème philosophique de la grammaire générale

2) Rousseau et le nom propre : une étude logico-grammaticale

3) Le pronom dans la tradition grammaticale

4) Le philosophe et la syntaxe des poètes

 

Martin Rueff, Professeur ordinaire à l’Université de Genève, est philosophe, philologue, traducteur et poète. Il est notamment spécialiste de la littérature française du XVIIIe siècle, de Jean-Jacques Rousseau et des rapports entre littérature et philosophie. Il a publié de très nombreux articles et ouvrages, tels que (récemment) : Jean Starobinski. La beauté du monde : la littérature et les arts (Gallimard, 2016), À coups redoublés. Anthropologie des passions et doctrine de l’expression chez Jean-Jacques Rousseau ou Foudroyante pitié (éditions Mimésis, 2018). Martin Rueff a également contribué à l’édition de plusieurs œuvres (Pavese, Levi-Strauss, Foucault) réalisé de nombreuses traductions françaises, notamment de Carlo Ginzburg et de Giorgio Agamben, et écrit plusieurs receuils de poésies.  

 

7 octobre 2021

Universalismes religieux, universalisme laiques : continuité et différence

 

Conférence inaugurale par Étienne Balibar (Professeur émérite de l'Université Paris Nanterre)

 

Longtemps la philosophie de l’histoire en Occident a été dominée par la thèse sociologique de la « sécularisation », dont une des composantes, héritée des Lumières, était l’affirmation d’une progression dans l’universel, par la substitution d’un fondement scientifique et juridique au couple de la révélation et de l’appartenance. Trois événements au moins sont venus inquiéter cette représentation : l’évidence d’une ambivalence de la pensée laïque ou laïcisée au regard de la question de la croyance (« nous aussi nous sommes encore pieux »); la démonstration du caractère situé et orienté des formules de l’universalité occidentale (ou la non-universalité de l’universalisme) ; le traumatisme du « retour du religieux », ou la constatation du fait que les universalismes laïques (et civiques) entrent en crise alors que la crise des universalismes religieux (notamment monothéistes) court toujours. C’est de là qu’on voudrait repartir pour essayer quelques interprétations et quelques diagnostics de l’actualité.

 

Étienne Balibar, ancien élève de l’École Normale Supérieure, a enseigné aux Universités d’Alger, de Paris, d’Irvine (Californie) et Columbia (New-York), et en dernier lieu de Kingston (Londres). Parmi ses derniers ouvrages figurent Saeculum. Culture, religion, idéologie (Galilée 2012), Spinoza politique. Le transindividuel (PUF 2018), Histoire interminable. D’un siècle l’autre et Passions du concept. Épistémologie, théologie et politique (Écrits I et II, La Découverte 2020).

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