Université Saint-Louis - Bruxelles
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SOCA1312 - Socio-anthropologie du symbolique



En raison de la crise du COVID-19, les informations ci-dessous sont susceptibles d'être modifiées, notamment celles qui concernent la méthode d'enseignement ou d'évaluation.



Crédits : 5

Professeur :
Mode d'enseignement :
Premier quadrimestre, 30 heures de théorie.

Horaire :
Premier quadrimestre
le jeudi de 15:45 à 17:45 au Ommegang Om30

Langues d'enseignement :
Français.

Objectifs d'apprentissage :
Ce cours au programme du BAS3 vise non seulement à présenter et à discuter de façon approfondie la question du symbolique, centrale en sociologie et en anthropologie (et plus largement dans les sciences humaines et sociales), mais aussi à envisager des applications et des retombées possibles de cette question à travers des enjeux contemporains, abordés pour une part à travers des questionnements classiques (la fonction symbolique et le rôle du langage, la culture et l'imaginaire, l'étude des mythes et des rites, l'efficacité symbolique et ses conditions, la question de la croyance et des illusions, la tension entre «vie active» et «vie contemplative», etc.), mais aussi d'autre part à travers des problématiques récentes ou ayant acquis une nouvelle acuité (la «demande de sens» et les «ressources de sens» entre approches interprétatives et approches pragmatiques, le sens et la «mise en jeu» du sens, les composantes d'une «économie symbolique» dans les configurations sociales actuelles - voir en particulier ce qui échappe à une axiomatique du besoin et des intérêts -, les nouvelles manières d'«habiter le monde» dans une ère qui impose de mettre en question le productivisme et de repenser notre rapport à la «nature», la question des régimes de croyance et de connaissance dans un monde que l'on peut dire à la fois «désorienté» et marqué par la pluralisation et le décentrement, les défis et impasses du tournant culturel et interprétatif - sommes-nous condamnés au «relativisme» ? voir la distinction entre relativisme culturel et relativisme méthodologique -, les vertus et les limites des approches déconstructionnistes, les métamorphoses du fait religieux, la montée en importances des enjeux liés à la santé mentale et aux «jeux de langage» de la psychologie, de l'expérientiel et du bien-être psychique...).



Prérequis :
Pour le programme de Bachelier en histoire :

Pour le programme de Bachelier en information et communication :

Pour le programme de Bachelier en langues et lettres françaises et romanes, orientation générale :

Pour le programme de Bachelier en langues et lettres modernes, orientation germaniques :

Pour le programme de Bachelier en philosophie :

Pour le programme de Bachelier en sciences politiques, orientation générale :

Pour le programme de Bachelier en sociologie et anthropologie :


Corequis :
Aucun

Contenu de l'activité :
Comme indiqué dans les objectifs d'apprentissage, il s'agira d'aborder la question classique du symbolique à travers des problématiques et questionnements à la fois originaux et ayant un retentissement actuel. Le cours théorique comprendra deux volets et sera complété par une activité impliquante sous la forme de lecture de textes.

Dans sa première partie, le cours théorique visera à présenter une série de repères, de ressources conceptuelles et de clarifications par rapport à la question du symbolique, abordée principalement à partir de l'entrée par le langage, et déclinée à partir des séquences suivantes : 1) le modèle du symbolique classique, parfois appelé modèle de la «correspondance» (ou adéquation du langage, des mots voire des signes, à l'égard de ce à quoi ils réfèrent, ou choses réelles); 2) le tournant herméneutique ou interprétatif, ou prise en compte des conséquences de la condition langagière et historique de l'humain (du «conflit des interprétations» à partir de l'exégèse des textes religieux dans le contexte de la Réforme et des guerres de religion, au relativisme des «maîtres du soupçon» et à la «réaction romantique»). 3) Le symbolique social (Durkheim, Mauss...) et le tournant linguistique version structurale (Saussure...) : du structuralisme (Lévi-Strauss...) au poststructuralisme (Derrida, Foucault, «French Theory», «déconstruction»...). 4) Le tournant pragmatique (ou le tournant linguistique version pragmatiste à partir de Peirce, Frege, Wittgenstein, Austin...), ou le primat des pratiques comme base d'un accord pragmatique avec le monde, à travers le langage (actes de parole, institutions du sens...) comme médium d'une intercompréhension possible.

A travers ce parcours théorique, que l'on s'efforcera de rendre le plus vivant et le plus accessible possible, on abordera une série de points de débat remarquables et significatifs, par exemple autour de la définition du symbole, des signes ou des représentations, autour de la question de «l'origine des langues», autour de la distinction entre «herméneutique des profondeurs» et analyse structurale «de surface» (différences ou contrastes entre des signes ou des signifiants), autour du «cercle herméneutique» et du «perspectivisme» (voir la fameuse phrase attribuée à Nietzsche : «il n'y a pas de faits, il n'y a que des interprétations»), autour de l'interprétation du «mana» par Durkheim, Mauss et Lévi-Strauss, autour de la dimension «performative» du langage, autour de la thèse de l'intraductibilité et de la «charité herméneutique», autour des conséquences relativistes ou non que l'on peut tirer du «tournant linguistique» (selon que l'on se situe dans la filiation «poststructuraliste / déconstructiviste» ou dans la filiation «pragmatiste / réaliste», en tenant compte ici de la distinction anglo-saxonne entre realist et realistic), etc.

Dans sa deuxième partie, le cours sera moins théorique et plus appliqué, autrement dit il s'agira d'engager certains concepts, dans une perspective résolument socio-anthropologique, dans le but de reprendre à nouveaux frais une série de questions en lien avec la dimension symbolique des formes de vie humaines, et de les mettre à l'épreuve en tenant compte des transformations des configurations sociales actuelles.

Cette année, cette deuxième partie du cours sera consacrée à un exercice qui consistera à présenter dans un premier temps certains éléments de la sociologie des religions de Max Weber, puis dans un deuxième temps à élargir la perspective en se demandant dans quelle mesure et selon quelles modalités l'approche de Weber permettrait d'analyser certains enjeux contemporain autour de ce que l'on pourrait appeler l'administration et l'appropriation des biens symboliques, incluant non seulement les «biens de salut» (niveau du champ religieux), mais aussi des ressources et des supports de la personnalité envisagés sous l'angle du bien-être psychique (niveau du champ de la santé mentale et des psychologies). Autrement dit, on tentera de transposer certains éléments de la sociologie wébérienne du champ religieux à l'étude du champ du psychique et de la santé mentale (ce champ étant constitué ici comme un objet socio-anthropologique à part entière). Il s'agira non seulement d'esquisser une analyse du champ du psychique (de la personnalité, de l'expérientiel...) en s'inspirant de la sociologie des religions selon Max Weber, mais une attention sera aussi portée à une mise en perspective anthropologique et historique des catégories et des techniques qui sont constitutives de ce champ (depuis la notion de «psyché» jusqu'aux «technologies de soi», etc.).



Activités d'apprentissages prévues et méthodes d'enseignement :
Le cours théorique est complété par des lectures de textes que l'étudiant doit effectuer par lui-même (activité impliquante). La connaissance de la matière du cours théorique et celle des textes complémentaires font l'objet d'une évaluation lors d'un même examen (voir ci-dessous).

Dans le cadre du cours magistral, le professeur expose les aspects théoriques et les éléments de problématisation. Il initie les étudiants à l'exercice d'élaboration conceptuelle, en recourant à des illustrations, et en prenant des objets empiriques comme analyseurs et débouchés des modèles d'analyse qui sont proposés.
L'enseignant donne également des clés permettant de lire et de s'approprier plus facilement les textes qui font partie du portefeuille de lecture (cf. ci-dessous).
Les étudiants sont invités à poser des questions et à débattre, la petite taille de l'auditoire permettant une pédagogie interactive.

Le cours théorique est complété par un portefeuille de textes.
Il est attendu que les étudiants lisent de manière approfondie ces textes, les comprennent et se les approprient (il est fortement conseillé d'en faire une synthèse personnelle).
La connaissance des textes à lecture obligatoire est évaluée à l'examen.

Le cours devrait se donner en mode présentiel, sauf si les conditions sanitaires ne le permettent pas. Dans ce cas, on passerait à un mode distanciel (selon des modalités à préciser).



Méthodes d'évaluation :
Examen oral.
L'évaluation de l'UE comprend deux volets dont le poids dans la note globale est calculé de la façon suivante :

- connaissance de la matière du cours théorique : 60% de la note globale (12/20)
- connaissance des textes complémentaires : 40% de la note globale (8/20).

Précisons que la partie relative à la lecture de textes ne sera prise en compte que si l'étudiant.e obtient au moins un tiers des points pour la partie de l'examen correspondant au cours magistral (4/12, sur base de minimum 2 questions). En effet, la partie de l'examen portant sur le cours théorique évalue des compétences de base qui, si elles ne sont pas acquises, ne permettent pas d'envisager de prendre en compte la partie lecture de textes. En d'autres termes, on considère qu'une insuffisance trop grave au niveau des compétences de base (moins de 4/12) ne saurait être compensée par une connaissance de textes ayant un statut de complément. Le principe appliqué ici renvoie à une logique d'acquis d'apprentissage et non à une logique arithmétique. Dans le cas où la partie lecture de textes n'est pas prise en compte au niveau de l'évaluation, la note sur 12 est ajustée en note sur 20 selon une règle de proportionnalité : 1/12 = 1,66/20 arrondi à 2/20; 2/12 = 3,33/20 arrondi à 3/20; 3/12 = 4,99/20 arrondi à 5/20.

La méthode d'évaluation est inchangée en deuxième session d'examen.

Précision renvoyant au contexte de «crise sanitaire» (covid-19) : au moment de rédiger cette fiche descriptive (début septembre 2020), nous pouvons annoncer que l'objectif est d'organiser un examen oral qui se déroulera sur le mode présentiel; si les conditions sanitaires ne le permettent pas, l'examen restera oral mais passera en mode distanciel.



Bibliographie :
Voir indications données lors du cours.

Autres informations :