Université Saint-Louis - Bruxelles
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Françoise Tulkens

 

De Saint-Louis à la Fondation Roi Baudouin …

 

C’est avec plaisir que nous vous proposons le portrait de Françoise Tulkens pour inaugurer la rubrique ‘Parcours d’Anciens’. Mais faut-il encore présenter Françoise Tulkens ?

 

Certes, elle a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme de 1998 à 2012, et elle préside actuellement la Fondation Roi Baudouin. Mais surtout, précisons non sans humour, que c’est une ancienne étudiante de Saint-Louis.

 

Ancienne mais pas éloignée, puisque Françoise Tulkens revient souvent en nos murs. En mars et avril 2000, elle s’est vue confier la Chaire Francqui au titre belge des Facultés universitaires Saint-Louis. Les conférences avaient pour thème : "Les droits de l’homme, rhétorique ou réalité ? Pour le 50e anniversaire de la Convention européenne des droits de l’homme". De 1999 à 2007, elle a présidé le master complémentaire en droits de l’homme que notre université co-organise avec l’Université catholique de Louvain et l’Université de Namur. Et en octobre dernier, elle inaugurait l’année académique de ce même programme en évoquant le chemin parcouru et les défis de demain à la Cour européenne des droits de l’homme.

 

Françoise Tulkens nous a fait l’honneur de répondre à quelques questions malgré son emploi du temps très chargé !

 

Votre parcours professionnel est riche d’expériences variées. Parallèlement, dans vos engagements reviennent souvent les thèmes ‘droits de l’homme’, justice sociale, les Fonds dédiés à des projets visant à améliorer la société, … Un hasard ? Une envie ? Un besoin ?

Ce n’est pas un hasard. C’est un peu mon fil rouge. Comme la sensation qu’on a quelque chose à faire, que l’on peut agir pour une justice sociale plus grande, pour le respect des droits de l’homme.

 

Après la Cour européenne, c’est vrai, j’aurais pu m’arrêter. Faire plein d’autres choses (ce dont je ne me prive pas d’ailleurs). J’ai accepté la Présidence de la Fondation Roi Baudouin. C’est une occupation bénévole pour une belle institution qui s’implique dans des domaines qui me touchent : la pauvreté et la justice sociale, la culture et le patrimoine, la démocratie et le développement, la santé également. La Fondation a des moyens. Notre rôle est de les utiliser de manière constructive et utile. J’ai pu développer un réseau de contacts au cours de ma vie professionnelle qui peut être utile à la Fondation. C’est un bon moment pour que je m’y investisse afin de contribuer, modestement, à « agir ensemble pour une société meilleure », comme le dit le programme de la Fondation elle-même.

 

C’est également un engagement intéressant parce que c’est un nouveau secteur pour moi. J’avais déjà touché à la théorie via l’enseignement et la recherche à l’université. La Cour européenne m’a plongée dans la pratique. C’est important. On agit. On y finalise les choses directement. Et maintenant, la Fondation me permet d’envisager des actions de soutien à la population, sur le terrain.

 

Cela correspond à des rêves ou aspirations que vous aviez en commençant vos études ?

Quelque part, oui. J’ai été très marquée par ces avocats qui défendaient les droits des personnes torturées pendant la guerre d’Algérie. J’avais envie d’étudier le droit et que le droit serve à quelque chose. Après, étudier la criminologie, quand on s’intéresse au droit pénal, c’est une inspiration vitale. Comprendre le contexte social, psychologique, pourquoi et comment on punit, comprendre le profil des délinquants, …

 

Pourquoi avoir choisi Saint-Louis ?

La question ne s’est pas vraiment posée. C’était logique. Quand on était bruxellois et qu’on voulait étudier le droit, on ne pensait pas à autre chose. On faisait nos candidatures à Saint-Louis.

 

Qu’avez-vous retenu de vos études à Saint-Louis ?

Des personnages emblématiques dans le corps professoral comme Monseigneur Aloïs Simon, un immense et magnifique historien. Une ouverture extraordinaire sur l’interdisciplinarité. On était rudement bien formé à Saint-Louis pour non seulement appliquer le droit mais surtout pour le penser.

 

Si vous deviez recommander Saint-Louis à de futurs étudiants, sur quoi mettriez-vous l’accent ?

L’interdisciplinarité, évidemment puisque cela m’a marquée personnellement. La qualité de l’enseignement et des enseignants. Les programmes d’immersion. Et le fait d’être implanté à Bruxelles. Une ville-clé !

 

Avez-vous encore des contacts avec des anciens de Saint-Louis ?

Oui bien sûr ! Michel van de Kerchove, notamment, pour lequel j’ai une immense admiration.

 

Que pensez-vous de ce projet de newsletter ?

La newsletter est une très bonne idée. Il ne faut pas qu’elle soit trop longue. On manque tous de temps. Elle doit contenir des informations ciblées, parler des nouveautés à Saint-Louis, donner des nouvelles des anciens.

 

Qu’aimeriez-vous que l’université organise pour ses anciens ?

Une activité annuelle. Par exemple, un repas au cours duquel un ancien viendrait brièvement parler d’un projet intéressant et mais surtout où l’on pourrait se retrouver et discuter.

 

 

Les étapes du parcours de Françoise Tulkens

 

Diplômes

Docteur en droit, UCL (Université catholique de Louvain), juillet 1965, grande distinction

Licenciée en criminologie, UCL, septembre 1965, grande distinction

Agrégée de l’enseignement supérieur en droit, UCL, 1976

Docteur honoris causa de l’Université d’Ottawa (9 juin 2002)

Docteur honoris causa de l’Université de Genève (5 juin 2006)

Docteur honoris causa de l’Université de Limoges (17 novembre 2006)

 

Activités professionnelles

1965-1968   Avocate au barreau de Bruxelles (stagiaire chez le bâtonnier Paul Struye ; inscrite au tableau de l’Ordre le 17 septembre 1968)

Prix Georges Boels (septembre 1966)

1966-1968   Assistante à la Faculté de droit de l’UCL (droit pénal : prof. P.E. Trousse)

1967-1968   Assistante aux FUSL (Facultés universitaires Saint-Louis) à Bruxelles (Fondements du droit)

1968-1972   Aspirante FNRS (Fonds national de la recherche scientifique)

1972-1976   Chargée de recherches FNRS

1976-1985   Chargée de cours à la Faculté de droit de l’UCL

1985-1991   Professeur à la Faculté de droit de l’UCL

1991-1998   Professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’UCL

1998-2007   Professeur extraordinaire à la Faculté de droit de l’UCL

1998-2012   Juge à la Cour européenne des droits de l’homme (vice-présidente de la Première Section (2001-2003) ; présidente de la Deuxième Section (2007-2012) ; vice-présidente de la Cour (févr. 2011-sept. 2012)

 

Actuelles

Membre de l’Human Rights Advisory Panel de l’UNMIK (Kosovo) (depuis septembre 2012)

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