Université Saint-Louis - Bruxelles
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Saba Parsa | Parcours d'Anciens |

 

Saba Parsa est une ancienne étudiante de Saint-Louis, qui a terminé en 2014 ses années de bac en droit à horaire décalé. Enthousiaste, spontanée et rigoureuse, cette maman de deux enfants exerce actuellement son métier d'avocate, tout en donnant des cours à la Haute Ecole Bruxelles Brabant.

 

A l’instar de Louise Snoy, également ancienne de Saint-Louis, elle a obtenu dernièrement un titre de lauréate lors des HERA Awards 2017. Nominée UCL, où elle a terminé son cursus en droit et toujours en horaire décalé, elle a remporté ce prix qui récompense un mémoire ou une thèse qui intègre une approche transversale propre au développement soutenable, respectivement dans les catégories Food et Cooperative Sustainable Economy.

 

Saba a aimablement accepté de se soumettre au jeu des questions que nous proposons à nos alumni. Nous vous invitons à découvrir son “parcours d’ancienne”.

 

Pourquoi avez-vous choisi Saint-Louis ?

 

Saint-Louis était la seule université à offrir le bac de droit à horaire décalé (à moins de 30 km de chez moi). Cela peut sembler très terre-à-terre, mais quand on travaille, que l’on a un garcon de deux ans et qu’on attend son deuxième fils, on est très rationnel dans le choix de son université.

 

Avez-vous envisagé d’entreprendre d’autres études complémentaires ?

 

Je suis diplômée depuis moins d’un an. Mais je vous avoue que les bancs de l’université me manquent. J’aime apprendre, et je ne m'en lasse jamais.

 

“Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours” (Gandhi).

 

Le savoir est, à mon sens, notre plus belle arme et la plus grande richesse que l’on puisse acquérir. Néanmoins, la vie professionnelle (et privée) est aussi un terrain d’apprentissage privilégié et illimité.

 

En outre, je ne vous cache pas que le doctorat me fait des appels du pied et m’apparaît comme l’ultime étape de mon cycle d’études. Mais c’est une décision importante à prendre en concertation avec ma famille.

 

Quels étaient vos rêves ou aspirations en commençant les études que vous avez choisies ?

 

Confucius disait: “Celui qui déplace des montagnes, commence par déplacer des petites pierres”.

 

En commençant mes études, je n’avais pas d’autre ambition que de réussir ce que j’avais entamé, année après année. Réussir ce projet de cours du soir en menant de front une vie familiale et professionnelle, c’était déjà un “challenge” en soi et le lot de beaucoup d’étudiants en cours du soir.

 

Avec ou sans enfants, cela représente un sacrifice énorme, pour nous comme pour nos proches et nos familles. C’est la somme de ces sacrifices qui justifie nos réussites et façonne notre projet d’entreprendre des études en cours du soir, tout au moins pour ma part !

 

En réalité, sur le plan humain, j’ai dépassé mes ambitions. J’ai beaucoup appris, en droit, mais aussi et surtout sur moi-même. J’ai fait de magnifiques rencontres et garde de cette aventure de très bons amis et d’excellents contacts. Et, cerise sur le gâteau : la fierté dans le regard de mes enfants !

 

Sur le plan professionnel, j’ai encore tout à construire et heureusement.

 

Qu’avez-vous retenu de vos études à Saint-Louis ?

 

Rigueur, persévérance, discipline, esprit de synthèse, capacité de recherche… C’est sans doute très cliché et très théorique et de plus, j’avais déjà acquis certaines de ces compétences au cours de mes études de sciences politiques à l’ULB.

 

Néanmoins, c’est à Saint-Louis que j’ai acquis ma méthode de travail, entre autres grâce au Professeur Annette Ruelle et ses fameuses fiches en droit romain. J’ai appris que 3 étapes permettaient d'assimiler parfaitement une quantité importante d’informations : résumé, plan, et enfin et seulement, mémorisation. Heureusement que ce cours est donné en Bac1…

 

Enfin, un soir, lors de la "soirée des horaires décalés", un professeur nous a donné un conseil très avisé : “Ce qui permet de se distinguer sur le plan académique, c’est la capacité de l’étudiant à faire un pas de plus là où tous les autres (ou beaucoup) s’arrêtent”. Ce professeur se reconnaîtra-t-il ?

 

J’ai aussi appris qu’avec de la volonté, rien n’est impossible. Cela peut me prendre plus de temps, d’énergie, d’organisation et d’efforts qu'à d’autres, mais rien n’est impossible. Plus généralement, j’ai renoué avec le goût de l’effort, du dépassement de soi, de l’endurance aux dépens des performances immédiates et futiles.

 

Si vous deviez recommander Saint-Louis à de futurs étudiants, sur quoi mettriez-vous l’accent ?

 

L’encadrement ! A Saint-Louis, si vous avez envie de vous dépasser, vous avez toutes les cartes en main et une équipe qui vous encadre pour y arriver. Il ne faut pas hésiter à frapper aux portes, il y a toujours quelqu’un pour vous répondre.

 

Autrement dit : les professeurs et une équipe administrative dévoués, attentifs, à l’écoute et disponibles.

 

Quel a été votre parcours professionnel entre la fin de vos études et votre emploi actuel ?

 

Depuis deux ans, grâce à mon bac de droit et ma licence de sciences politiques, j’enseigne le droit à la Haute Ecole Bruxelles Brabant, anciennement Paul-Henri Spaak.

 

Et depuis de nombreux mois, je travaille avec un associé non-juriste, au développement d’outils ou de plateformes de « legaltech ».

 

La legaltech peut être entendue comme l’usage de la technologie informatique afin de mettre à disposition des outils permettant aux particuliers et/ou aux entreprises d’exécuter leurs formalités juridiques par elles-mêmes.

 

Partant du constat que les métiers du droit sont confrontés depuis plusieurs années aux bouleversements induits par la révolution numérique, par l’inflation législative et par les modes de production automatisés, avec mon associé, nous travaillons à de nouveaux services numériques juridiques.

 

Conscients des opportunités que représentent ces changements, nous participons à l’automatisation des métiers du droit par la standardisation et l’informatisation de certains pans de la pratique juridique. Notre ultime ambition étant de réduire les coûts d’accès à la justice pour les citoyens.

 

A ce titre, mon associé et moi nous sommes adjoint les compétences, le savoir et le savoir-faire d’un partenaire fort, dont le “core-business” est le “média et le média numérique”.

 

Nos premiers outils seront prochainement mis à disposition du public sur le web.

 

D’autres outils suivront dans les mois à venir, et dans des secteurs différents.

 

Quelle est votre profession actuelle ?

 

Actuellement je suis avocate. J’ai prêté serment en février dernier. J’ai la chance d’avoir intégré l’équipe du cabinet Praetica à Waterloo, où je suis supervisée par Me Bastenière.

Dans le cadre de ma pratique, je me consacre aux matières civiles, principalement le droit des sociétés, le droit commercial, le droit des entreprises en difficulté, le recouvrement de créances, mais aussi le droit immobilier.

 

Je suis toujours professeur de droit à la Haute Ecole Bruxelles Brabant.

 

Enfin, je continue à développer les outils de “legaltech”, décrits précédemment.

 

Quelles qualités acquises au cours de vos études à Saint-Louis vous servent dans votre vie professionnelle actuelle ?

 

La capacité à assimiler et à restituer une information juridique dans un langage simple, la capacité à faire des recherches, la capacité de rédaction. Mais également l’aptitude à avoir un avis personnel sur une question, émettre des hypothèses et les vérifier.

Toutefois, force est de rendre à César ce qui revient à César, l’UCL aussi a contribué à façonner mon esprit en ce sens…

 

Et si on parlait de vos occupations en dehors de toute considération professionnelle ?

 

Mes enfants et ma famille, qui m’occupent beaucoup. Mais aussi le droit ! J’aime la construction et la réflexion juridique et socio-politique (personne n’est parfait).

 

Je m’intéresse également à la peinture. Plus particulièrement à l’art contemporain, depuis les mouvements qui naissent après la 2e Guerre Mondiale à l’avènement de l’art moderne ou postmoderne, où tend à s’estomper cette distinction entre les “Beaux-Arts” et les arts “faibles”. J’aime ces mouvements d’expression intime qui reflètent l’âme de nos sociétés.

 

Enfin, j’ai beaucoup d’intérêt pour les sciences cognitives. Je trouve fascinante l’étude des mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle, et plus généralement de tout système complexe de traitement de l’information.

 

Merci Saba pour cet entretien, empli d'enthousiasme et de dynamisme.

 

Propos recueillis par AD

Link@lumni n°17 - Été 2017

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