Université Saint-Louis - Bruxelles
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Véronique Delforge | Parcours d'Anciens |

 

C’est le programme bilingue français-néerlandais qui a incité Véronique Delforge à étudier le droit à Saint-Louis. Ou presque. Disons que c’est ce qui lui a permis d’avoir un parcours bien à elle au sein d’une famille attachée au droit et à une institution partenaire, l’UNamur.

 

De Saint-Louis, elle se souvient de professeurs incroyables aux personnalités multiples, de la richesse de l’approche interdisciplinaire, des petits groupes de travail mais pas que …  l’ambiance et les prémices de belles amitiés, aussi.

 

Après un master à l’UCLouvain, Véronique Delforge s’est spécialisée dans le droit intellectuel en suivant un diplôme complémentaire de deux ans à la KU Brussel, en horaire décalé.  

 

Actuellement engagée par la Commission européenne pour travailler sur la réforme du droit d’auteur, Véronique décrit sa vie professionnelle comme une succession de belles opportunités liées à des rencontres clés et à une grande motivation.

 

Elle glisse d’ailleurs quelques conseils pour nos « jeunes » anciens actuellement en fin de master. Etre confiants. Saisir les opportunités. Respecter les personnes avec lesquelles on travaille. Rester cohérent dans les choix de parcours. Et surtout, ne pas être trop impatients. Une carrière ne se fait pas en un jour, un an …

 

Bref, un parcours intéressant à découvrir !

 

Nous remercions Véronique d’avoir trouvé, ou plutôt pris le temps de répondre à nos questions. Car, à sa vie professionnelle bien remplie s’ajoute une vie familiale tout aussi dense puisque notre ancienne étudiante est maman de trois jeunes enfants. Mais avec un tempérament positif et dynamique comme le sien, rien ne semble impossible.

 

 

Pourquoi avoir choisi Saint-Louis ?

C’est une longue histoire. Disons, pour faire court, qu’ayant une sœur jumelle qui souhaitait également faire le droit, mais surtout, pour que l’on ne soit pas dans un même auditoire, je me suis retrouvée au mois d’août (un mois avant la rentrée académique) à réfléchir à une solution qui puisse arranger tout le monde. En effet, mon père alors magistrat à Namur et attaché à sa belle université -où mes autres frères et sœurs étaient passés- ne souhaitait pas que nous entamions nos études de droit, hors des FUNDP (UNamur).

 

Entre partir un an à l’étranger, aller à Leuven, faire des études de Sciences politiques... C’est finalement la solution “Saint-Louis” qui a permis d’apaiser tout le monde grâce à son programme bilingue néerlandais-français. Je me suis inscrite début septembre et ai entamé dare-dare la recherche d’un kot dans cette capitale que je connaissais alors très peu. Je ne regretterai jamais ce choix in extremis qui me sortait de mon confort namurois pour l’inconnu total.

 

Après votre master, avez-vous fait d’autres études ? Lesquelles ? Entamées directement ?

Oui, un Master na Master - Intellectuele Rechten  à la KU Brussel. Je l’ai entamé en horaire décalé, sur deux ans, immédiatement après la fin de mes études, pendant mes deux premières années au Barreau de Bruxelles.

 

Que vous ont apporté ces études complémentaires ?

Enormément. J’ai eu la chance de pouvoir choisir ce master en connaissance de cause car je travaillais déjà dans un cabinet d’avocats spécialisé en droits intellectuels. Il m’a permis d’approfondir mes connaissances théoriques en lien direct avec les matières que je pratiquais parallèlement. Par ailleurs, une spécialisation me parait indispensable aujourd’hui pour autant que l’on sache vers quoi l’on veut se diriger. Un master doit en effet s’entrevoir de façon cohérente avec nos aspirations. Plus il sera spécifique, plus il nous offrira une plus value sur le marché de l’emploi. C’est pourquoi, il est parfois utile de retarder le choix d’un master, après avoir "tâté" le terrain professionnel, de façon à être sûr de la matière vers laquelle on veut se diriger et de ses débouchés.

 

Quels étaient vos rêves ou aspirations en commençant les études que vous avez choisies ?

Quand j’ai commencé l’université, j’évitais de me projeter trop loin. Mes aspirations étaient de réussir mes études avant tout et de profiter de cette expérience universitaire. Ce n’est qu’en dernière année, après avoir pu parcourir les différentes matières de droit via les cours, les travaux et rencontres, que j’ai commencé à marquer un intérêt certain pour les droits intellectuels.

 

Qu’avez-vous retenu de vos études à Saint-Louis ?

D'abord, des professeurs incroyables, aux personnalités multiples, qui marquent les esprits : Monsieur Hanard en droit romain avec ses fameuses fiches, Monsieur Cauchies qui nous donnait des sueurs froides en histoire, Monsieur Ost avec sa théorie dialectique du droit (de la pyramide au réseau), Monsieur Dumont qui m’a fait comprendre que c’était bien tendu entre le nord et le sud à partir de la Constitution, Monsieur de Theux imperturbable, le King de la bibliothèque, Monsieur Strowel et ses questions d’examen oral déroutantes, ou encore, Monsieur Cartuyvels qui m’ a ouvert les yeux sur une autre façon d’appréhender le droit, via l’étude approfondie de la médiation.

 

Ensuite, ce qui m’a le plus frappée est cette approche interdisciplinaire, vraiment poussée vers les sciences humaines, favorisant la réflexion, la remise en cause et le recul par rapport à la matière. Le fait d’être dans un auditoire à taille humaine, de bénéficier de séances en petits groupes en parallèle, fut rassurant et très efficace. Sans oublier tous les travaux pratiques, exigeants certes, mais qui nous plongeaient directement dans la recherche et dans le lien avec le monde du travail.

 

Et enfin, une "petite" université, qui après deux ans, nous a permis de bien nous connaitre (entre “droïdes") mais aussi et surtout, de côtoyer les autres facultés (Ing Eco, Eco..), de nous ouvrir et de forger d’incroyables amitiés qui se prolongent encore aujourd’hui. Les fêtes au CAU, le ski, le bal et autres guindailles intra (notamment le baptême) ou extra muros restent gravées ;-).

 

Si vous deviez recommander Saint-Louis à de futurs étudiants, sur quoi mettriez-vous l’accent ?

La taille humaine, la qualité des professeurs et de l’enseignement, les programmes plurilingues et la philosophie générale (apprendre à voir et à penser juste et à agir en conséquence) qui prépare très bien pour la suite!

 

Je leur dirais aussi de profiter de leurs études, des belles guindailles universitaires ! De partir en Erasmus s’ils le peuvent. Et surtout, d’être confiants, le droit réserve de très beaux challenges professionnels !

 

Si vous deviez décrire Saint-Louis en un slogan, lequel choisiriez-vous ?

“Ayez le culte de l'esprit critique”, Louis Pasteur.

 

Quelles qualités acquises au cours de vos études à Saint-Louis vous servent dans votre vie professionnelle actuelle ?

Saint-Louis a permis de belles rencontres et m’a donné d'excellentes bases à la réflexion juridique, à la “débrouille”.

 

Une anecdocte sur vos études à Saint-Louis ?

Je me souviendrai toujours de cette épique mais bien agréable et longue rencontre avec Corine Boulangier et Jean-Louis Lahaye, en 2002, lorsque l’on avait organisé la Miss Saint-Louis, dans les coulisses du Louise Galery. Merci Saint-Louis !

 

Quel a été votre parcours professionnel entre la fin de vos études et votre emploi actuel ?

 

En résumé, j’ai travaillé au Barreau de Bruxelles pendant 8 ans, à l’Université de Liège (en mi-temps) pendant 6 ans, ensuite, 2 ans à l’OPRI (Etat Belge) et comme professeur à l’EPHEC. Je suis actuellement contractuelle à la Commission européenne.

 

Jusqu’à maintenant, mon parcours professionnel s’est présenté comme une succession de belles opportunités liées notamment à des rencontres et une grande motivation.

 

Tout a commencé par un mémoire de fin d’année à l’UCL sur la brevetabilité du vivant, sous la direction de Bernard Remiche, professeur en propriété intellectuelle. Ce dernier m’a engagée au sein de son cabinet d’avocats, au retour de mon Erasmus au Mexique (dans le cadre duquel j’ai profité de ma proximité avec le Chiapas pour développer une partie de mon mémoire sur la bio-piraterie).

 

J’ai entamé le Barreau en octobre 2005, en même temps qu’un master en cours du soir à la KU Brussel (intellectuele rechten). Bernard Remiche fut un maitre de stage hors-pair. Il m’a appris les ficelles du métier, m’a permis de plaider assez rapidement, de publier et de traiter des dossiers fascinants en droit des brevets et droit d’auteur notamment.

 

Dans le cadre du mon master à la KUB, j’ai été informée de l’ouverture d’un poste en droits intellectuels à l’Université de Liège. J’ai immédiatement postulé. J’ai commencé, en septembre 2007, à mi-temps, parallèlement au Barreau. J’y ai été assistante de Pierre Delsaux et Alain Strowel, pour les cours de droits intellectuels et droit d’auteur et nouvelles technologies. J’ai participé à de beaux projets de recherche, de conférences et publications. J’ai donné des cours et TP.

 

Après trois ans de stage auprès du cabinet Remiche-Ferrant et Associés (Sybarius), et sur la base des matières développées dans le cadre du Master et de mon assistanat à Liège, je me suis dirigée en 2008, vers un cabinet niche, davantage spécialisé en droit d’auteur et nouvelles technologies (Ulys). J’y ai travaillé 5 ans avec l’excellent Etienne Wéry qui m’a, lui aussi, énormément appris. J’ai notamment pu publier et dispenser des conférences. L’une d’elle m’a permis de rencontrer une responsable de l’EPHEC. En 2013, j’ai obtenu la charge du cours “Droit et Ethique du net” dans le master de e-business.

 

En 2012, alors que je travaillais avec l’Université de Liège sur un marché public pour l’Etat belge en lien avec le droit d’auteur et, alors que la famille s’agrandissait, j’ai été curieuse de voir ce qui se passait de l’ “autre côté”. En 2013, j’ai passé les examens du Selor et ai été engagée à l’Office de la Propriété Intellectuelle (Droit d’auteur) pour poursuivre notamment ce travail entamé à l’université. J’ai été investie de dossiers intéressants (dont la contrefaçon en ligne, la transposition de la directive CRM), ai pu découvrir l’OMPI (Genève), les réunions du Conseil de l’UE. J’ai beaucoup apprécié traiter du droit d’auteur “en amont” ainsi que le contact avec les milieux intéressés et académiques.

 

Début 2016, après plusieurs interviews, j’ai été engagée par la Commission européenne (DG CONNECT) afin de travailler sur l’ambitieuse réforme du droit d’auteur, prévue pour septembre de cette année. Je suis en poste depuis plus d’un mois et suis heureuse de vivre de l’intérieur cette réforme, au sein d’une excellente équipe d’experts venant de toute l’Europe, dans un climat très stimulant.

 

Propos recueillis par MAB

 

Link@lumni n°13 - Eté 2016

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