Université Saint-Louis - Bruxelles
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Gauthier Dierickx, bachelier en droit et en philosophie | Parcours d'anciens |

 

Que retenez-vous de plus important de votre passage à Saint-Louis ?

 

Tellement de choses, j’ai eu la chance de pouvoir rester quatre ans au sein de l’Université et ce pour terminer mon double bac. Si la mise en avant de sa taille familiale et de son humanité sonne parfois comme un argument purement commercial, je dois néanmoins m’opposer à cette interprétation. Sa taille humaine permet en effet d’exister en tant qu’individu pour l’ensemble des services, des professeurs, etc. On s’y sent profondément chez soi. Les étudiants nous deviennent familiers et cela se constate au niveau du climat détendu et sympathique qui règne au coeur de notre université.  Si je devais trouver un slogan pour Saint-Louis, ce serait quelque chose du genre : "Saint-Louis, avant tout, votre université ». Bon, à la lecture de ce slogan, on comprend bien vite que je n’ai pas fait marketing, mais l’idée est là ! 

Mes années à Saint-Louis furent incroyables et j’y ai un nombre incalculable de souvenirs mais je crois que c’est comme pour toutes les belles histoires d’amour, il vaut mieux partir avant qu’elles se fanent et que la passion laisse place à l’ennui du quotidien, à la routine. Céline Dion, Louane et consorts, accrochez-vous, j’arrive ! 

 

Pour quelles activités vous êtes-vous engagé, parallèlement à vos études ?

 

J’ai été chef louveteaux puis chef responsable louveteaux durant mes deux premières années à Saint-Louis. Et les années suivantes, même si je n’étais plus chef, je n’ai jamais refusé de faire une intendance durant les week-ends ou pendant les vacances d’été. Ces moments d’animation et d’intendance ont une place toute particulière dans mon coeur; j’y ai passé tellement d’instants oh combien mémorables. 

Au début de ma deuxième, j’ai aussi fait mon baptême, expérience que je ne regrette nullement ! Parmi les membres du Cercle, j'ai trouvé des amis en or, des relations qui - je l’espère de tout coeur - vont m’accompagner bien au-delà de ma vie universitaire. 

Je me suis également engagé lors de ma troisième année dans la commission soirée du CAU ; j’en étais le secrétaire. Ma plus grande fierté à ce poste reste l’invention révolutionnaire d’un nouveau système de vestiaire, suite à de nombreux fiascos lors des précédentes soirées ! C’est également cette année-là que je me suis engagé aux côtés de membres du cercle et du CAU avec l’ASBL Modus Vivendi pour lancer la campagne « Drink different », dont la mascotte Bernie est désormais connue de tous les étudiants sans exception. 

Enfin lors de ma quatrième année, je suis devenu vice-président du CAU, participant à un grand nombre de conseils de l’Université en tant que représentant étudiant de la faculté de philo et lettres tout en continuant à m’occuper de la campagne « Drink different ». Je travaillais aussi à la reprographie. J’ai été également sollicité en tant qu’étudiant pour participer à la rédaction du rapport d’évaluation AEQES de la section de philosophie, ainsi que pour le salon SIEP. Autant dire que cette dernière année, je passais ma vie à Saint-Louis, mais ce n’était pas pour me déplaire ! 

 

Qu’est-ce qui a motivé ces divers engagements ? Quelles sont les satisfactions ou difficultés quand on s’engage dans diverses activités ?

 

Je suis une personne qui a énormément d’énergie à dépenser, donc le fait de rester assis dans un auditoire ne me convient pas tellement. J’ai besoin de courir à droite et à gauche, de sentir ce stress positif, de sentir que je peux changer les choses par mon action et j’avais certaines idées que je trouvais intéressant de développer au sein de Saint-Louis. Je m’oppose fermement à l’image de l’universitaire enfermé dans sa tour d’ivoire, qui ne sort pas la tête de ses bouquins. Les années universitaires sont celles qui se prêtent le mieux à différents engagements, et il me semblait absurde de gâcher cette chance ! Cela demande bien entendu de garder en tête un certain nombre de choses comme les échéances des différents événements, les réunions, etc., pour ne pas se laisser déborder et je dois l’avouer parfois, je sentais que j’atteignais une certaine limite, mais ça me plaisait énormément. Cela demande aussi d’accepter de rattraper par soi-même ce que le professeur a vu en cours, etc., de passer du temps en bibliothèque à chercher différents ouvrages, articles etc., et un  bon stock de café pour un blocus particulièrement costaud ! 

 

En ce qui concerne plus particulièrement le double bac, je n’en retiens que du positif. En commençant mon double bac, je n’aurais jamais cru que la philosophie allait m’apporter autant ! J’avais commencé celui-ci pour avoir un peu de recul sur les dispositifs normatifs mais, pour finir, la réflexion philosophique a pris de plus en plus d’importance, à tel point que mon rapport personnel droit/philosophie a profondément changé : le droit est devenu un moyen de mettre en oeuvre ce que la philosophie me donne à réfléchir. Je conseille vraiment à tout un chacun de se lancer si le coeur lui  en dit dans un double bac. Peut-être pas dès la première année, mais une fois que l’on a trouvé sa méthode de travail, cela ne s’avère vraiment pas impossible. On peut répartir les crédits que constituent le double bac - généralement entre 70 et 100 crédits -  entre nos différentes années, en passer durant la session de septembre, etc. Personnellement, je suis resté une année en plus à Saint-Louis pour terminer ce deuxième bac car je ne voulais pas trop alourdir mon bachelier principal mais peut-être aussi parce que je n’avais pas forcément envie de quitter tout de suite notre chère Université. 

 

C’est clair que pour mon entourage, ça n’a pas toujours été évident de me voir leur consacrer peu de temps, mais je les remercie très chaleureusement de m’avoir toujours supporté et d’avoir toujours été derrière moi ! C’est tellement beau qu’on dirait un discours de Miss France ! 

 

Comment avez-vous vécu la cérémonie de remise des diplômes en droit ?

 

Le jour même, extraordinairement bien mais le lendemain, ce fut une autre histoire ! Plus sérieusement, je l’ai vécue comme un dernier moment avec ceux qui ont partagé les mêmes auditoires que moi durant trois ans, un moment où l’on peut tous se retrouver, professeurs, assistants et étudiants, et regarder le chemin parcouru autour d’un - ou plusieurs - verres. Je pense que la symbolique est importante, c’est notre dernier moment à Saint-Louis, le moment où l’on quitte le nid vers d’autres horizons tout en pensant à emporter dans nos bagages tout ce qui a constitué les fondements de l’enseignement à Saint-Louis : l’interdisciplinarité, l’ouverture d’esprit, les valeurs de solidarité et de partage, etc. 

 

Si vous deviez donner un conseil à un étudiant de première ou à un futur étudiant, ce serait … ?

 

Profite un maximum de toutes les opportunités que cette période de ta vie te propose. Malgré une société qui combat vigoureusement le temps libre au détriment du « travailler plus, pour gagner plus », malgré une recrudescence des discours selon lesquels "étudiant, c’est un métier", comme si nous étions soumis nous aussi à l’effroyable loi de la productivité et son insatiable appétit, j’ose espérer que la vie étudiante demeure encore une « réserve naturelle » pour le développement personnel de tout un chacun. Etre étudiant, ce n’est pas être un travailleur du savoir, un exploité des auditoires, mais bien un individu en pleine construction, cherchant à écrire sa propre histoire, désireux de mener une « vie bonne, avec et pour autrui, dans des institutions justes », pour reprendre la fameuse phrase de Ricoeur. Etre étudiant, ce n’est donc pas tant étudier qu’apprendre, encore et toujours. Apprendre via toutes formes d’expériences, d’engagements divers et variés. Finalement, bloquer par coeur des centaines et centaines de pages n’a de sens que si cet apprentissage est profondément ancré dans chacune de tes expériences de vie. Une vie étudiante réussie est donc pour moi une vie où l’individu a réussi à incorporer ses études dans sa vie active et inversement, une vie où le savoir et le pouvoir assument pleinement leur profonde intrication. 

 

Interview réalisée par AD

Link@lumni n°10 - Automne 2015

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